Débat – Abdellah Saaf : La société marocaine aspire actuellement à un « État social »

Débat d’idées. L’universitaire et ex-ministre de l’Éducation nationale, Abdallah Saaf, pense que la société marocaine aspire à un « État social » et qu’il est nécessaire que ce dernier recouvre son pouvoir sur tous les aspects de la vie en société de manière générale.

Pour rappel « l’État social » c’est aussi « l’État-Providence » qui est une conception de l’État où celui-ci étend son champ d’intervention et de régulation dans les domaines économiques et sociaux. Cela se traduit par un ensemble de mesures ayant pour but une redistribution des richesses et une prise en charge différents risques sociaux comme la maladie, l’indigence, la vieillesse, l’emploi, la famille…

A noter que « l’État-Providence » est fondé sur la solidarité entre les différentes classes sociales et la recherche de la justice sociale.

Saaf, qui intervenait, jeudi soir, lors d’un débat organisé par la jeunesse du Parti justice et développement (PJD), a indiqué que la situation actuelle au Maroc exige « un État social qui agit de manière profonde, globale, non partielle… et non sous la pression de l’urgence ou de circonstances exceptionnelles ».

Et de souligner : « C’est comme si le besoin était désormais apparu pour un État qui doit retrouver sa souveraineté sur tous les aspects de la vie en commun, des divers services sociaux et de protection sociale universelle car chaque Marocain a droit aux services sociaux de l’État ».

L’universitaire dont les propos ont été relayés par le site alyaoum24.com, a ajouté par ailleurs que « nous sommes dans une situation nouvelle qui dépasse toutes les étapes précédentes, que ce soient celles de la Politique d’ajustement structurelle (PAS), d’après ou des différents programmes néolibéraux ».

+ Les Marocains sont avides d’un État social aux larges prérogatives +

« Il semble que la société est avide d’un état social qui s’intéresse profondément à tout ce qui est social, dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’emploi, du logement… », a-t-il poursuivi.

Saaf a relevé que « l’expression ‘politiques publiques’ n’existait pas jusqu’en 1995 et n’a fait son apparition dans le lexique politique marocain, ne s’est répandue et n’a été constitutionnalisée qu’au cours des 25 dernières années ».

Il a rappelé qu’au début de la première décennie du siècle actuel, l’acteur politique marocain s’est occupé de tout ce qui est social avec la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité.

« Par la suite, nous avons commencé à parler du social dans divers secteurs et de sensibilisation à des questions comme celles des femmes, des jeunes, de la famille et du handicap », a-t-il affirmé.

Selon lui : « Quand on parle aujourd’hui de politiques sociales au Maroc, c’est comme s’il s’agissait d’une nouvelle situation en rapport avec Covid-19, il est vrai que la pandémie a confirmé cette tendance. »

Saaf,  et qui Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Rabat, estime qu’il y a « une nouvelle prise de conscience de l’importance de la dimension sociale, il ne suffit plus que les politiques sociales tentent de réduire les chocs économiques qui se produisent ».

Et de conclure que « la question sociale ne se limite plus aux programmes de subventions et d’aide à des groupes spécifiques et que ces politiques sociales ne se limitent plus aux seuls microcrédits ».

Le débat reste ouvert à ce sujet…

Article19.ma

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