Le silence relatif des acteurs politiques marocains face au changement qui s’opéraient en Tunisie est frappant. L’élite politique du pays a donné l’impression de ne pas avoir eu de réaction au niveau des événements de fin de l’année 2010 et de janvier2011 et de paraître même comme tétanisée par ce précédent “inattendu”.
La tendance dominante consiste à voir dans cette faible réactivité dans les circonstances actuelles davantage une manifestation de l’ affaiblissement des acteurs politiques marocains de manière générale, du rétrécissement du débat public et des limites de la chose politique dans le pays….
Le modèle tunisien est devenu comme un fardeau idéologique et politique trop lourd ayant sa part dans le retard pris par le processus de démocratisation à un double point de vue : d’une part, pesaient de tout leur poids au cœur de la vie politique marocaine, au cours de la dernière phase, les thèses selon lesquelles le développement économique primerait sur le politique, et d’autre part l’idée selon laquelle toute ouverture ne peut se faire qu’en faveur des islamistes. Ces thèses commençaient à faire beaucoup d’adeptes sous le ciel marocain. Plusieurs aspects interpellent les Marocains à travers les événements de la Tunisie : comment est rapportée la « révolution tunisienne » ? Quels changements permettent-ils de décrypter au Maroc même ? Quelles sont les chances de duplication de ces événements? Quel est l’avenir de la démocratie dans la région ?
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