2007 ou le palais des rêves
Je fais partie de ceux qui ont lu tardivement l’œuvre de l’écrivain albanais Ismaël Kadaré. Ayant vécu l’engouement du tout littéraire des années quatre-vingt pour l’auteur du « général de l’armée morte », j’en reportais constamment la lecture. J’ai aimé « Le Palais des rêves », l’un de ses écrits majeurs. Je me suis attaché à son œuvre alors même que je suis loin de partager ses vues sur les expériences socialistes d’Europe et d’ailleurs. Dans ce roman, le héros est affecté, au cœur même du pouvoir, à l’intérieur du noyau central du sérail, à un travail de collecte, de classement, et d’analyse des rêves provenant de l’ensemble du royaume, recueillis depuis les coins les plus reculés du pays, dûment transcrits et consignés par une multitude de services, d’agents officiels, secrets ou publics, de représentants de l’autorité de toute nature. […]